Etat de nos forêts helvétiques

Publié le par Les Ateliers Unis-Vert

En Suisse, la forêt couvre près du tiers de la surface du territoire.

Elle marque nos paysages et améliore la qualité de vie.

Son écosystème complexe est étudié afin que l’homme puisse exploiter la forêt de façon appropriée et la protéger.

(son but) La forêt nous protège des dangers naturels tels que les chutes de pierres et les avalanches, elle filtre l’eau potable et empêche l’érosion des sols. La forêt fournit du bois, matériau de construction mais aussi source d'énergie. Elle stocke le carbone, offre un espace de détente et de loisirs à l’homme, ainsi qu’un habitat vital pour la faune et la flore et constitue un haut lieu de la biodiversité.

 

La forêt ne peut remplir toutes ces tâches que si elle est protégée d’une part mais aussi exploitée de manière ciblée et durable.

Pour cela, il est nécessaire de connaître précisément son état.

 

La forêt sous pression: maladies, nuisibles, perturbations

Les forêts sont exposées à de nombreuses perturbations causées par les insectes, les agents pathogènes ou les tempêtes … Quand celles-ci ne sont pas attaquées par les champignons, les coupes, la pollution, le manque d’eau, les organismes exotiques qui nuisent à différentes espèces, etc ...https://www.wsl.ch/fileadmin/_processed_/3/0/csm_156-062_ea1d2ba6f4.jpg

Les arbres affaiblis par la sécheresse, le gel, le manque de lumière ou des carences nutritives se fragilisent et deviennent par conséquent particulièrement exposés aux nuisibles et aux maladies.

Avec les changements climatiques, on peut s’attendre à une multiplication des infestations d’agents pathogènes. De plus, le réchauffement climatique favorise la survie d'organismes nuisibles exotiques, contre lesquels les arbres sont moins bien armés que contre les ravageurs indigènes.

 

Le réchauffement stimule la croissance des arbres, mais réduit leur espérance de vie, montre une étude. Conséquence: le carbone qu'ils stockent est plus rapidement relâché dans l'atmosphère. 

Épicéas morts, infestés de scolytes. (Photo: Beat Wermelinger/WSL)

 

Flétrissement du FRÊNE

Depuis quelques années, le frêne, une essence largement répandue dans le canton de Vaud, est victime d’une maladie fongique aiguë : le flétrissement du frêne, ou chalarose.

Ce champignon (Hymenoscyphus fraxineus), originaire du Japon et hautement infectieux, s’est propagé à vive allure dans toute l’Europe, au début des années 1990, où il s’est répandu de façon épidémique en y causant des dégâts considérables. En Suisse, la chalarose du frêne a été observée pour la première fois en 2008 dans la région bâloise. Elle s’est ensuite répandue sur l’ensemble du pays.

Chaque arbre réagit de façon différente face à la maladie : certains arbres meurent mais d’autres peuvent développer des résistances. Les symptômes visibles durant la période de végétation sont généralement le flétrissement du feuillage et le dessèchement des branches. De la pourriture peut apparaître dans la couronne et au pied de l'arbre. Cette maladie réduit la robustesse et la stabilité de l'arbre.

L’existence du frêne en tant qu’essence de valeur est menacée. 

A l’heure actuelle, on ne connait aucune mesure phytosanitaire efficace permettant de traiter les arbres malades ou même d’enrayer la propagation de cet agent pathogène. Les spores de l’agent infectieux se développant dans la litière des frênes, il est en effet impossible d’éliminer l’ensemble du matériel infecté à l’échelle d’une région. D’autre part, l’utilisation de produits phytosanitaires ne serait ni opportune ni autorisée en milieu forestier.

 

*1 Les insectes disparaissent de manière inquiétante en Suisse

Près de 60% des 1143 espèces d'insectes étudiées en Suisse sont menacées d'extinction, préviennent les Académies suisses des sciences. Face à ce constat alarmant, elles rappellent les "services irremplaçables" que fournissent ces animaux. Une étude à long terme menée en Allemagne a montré que la biomasse d'insectes y a diminué de 76% au cours des trente dernières années. Les conditions y sont comparables à celles du Plateau suisse. Les pesticides, qui tuent les ravageurs comme les insectes bénéfiques, ne sont pas les seuls en cause. Les habitats pour les insectes comme les haies, les tas de pierres, les arbres isolés et le bois mort disparaissent progressivement. Dans les jardins privés et les espaces verts publics, leurs biotopes sont détruits par un entretien trop important. Les conséquences sont dramatiques: moins il y a de pollinisateurs différents et plus la production de fruits et légumes - ainsi que de leurs semences - est faible. Comme moins de matière organique se décompose en raison du manque d'insectes, moins d'humus se forme et la fertilité des sols diminue. Par ailleurs, la lutte naturelle contre les parasites échoue également et ceux-ci se multiplient.

ats/gma – Rts - Publié le 12 avril 2019 à 20:22

 

 

 

Le HÊTRE dépérit en masse dans nos forêts

Le Gouvernement jurassien tire la sonnette d'alarme. Plus de 100'000 m3 de hêtres sont secs ou en train de mourir dans des forêts d'Ajoie.

L'Etat qualifie cette situation de grave et d'inédite.

Ces dégâts à la forêt sont liés à la sécheresse exceptionnelle de l'an dernier, relève récemment le canton du Jura. Si le réchauffement climatique se poursuit, le hêtre pourrait alors bien disparaître des régions de plaine. (article 24heures / 08.07.19)

Image: Valentin Queloz, www.jura.ch

 

 

 EPICEA (Picea abies)

Augmentation des attaques

par les scolytes du sapin.

 

 

 

  • La quantité de bois d'épicéa infesté par le typographe a doublé depuis 2017.
  • En particulier les services forestiers du Plateau, du Jura et de la Suisse orientale ont enregistré une forte augmentation des quantités de bois infesté.
  • Au cours de l'été 2018, de nombreux sapins blancs ont été fortement stressés en Suisse. Dans certains endroits, les sapins ont séché sur pied, sans aucune infestation par des scolytes. Cependant, les scolytes ont souvent profité de l'affaiblissement des sapins. L'infestation a augmenté à la fin de l'été, surtout en raison d'une deuxième génération et de générations sœurs.

Si l'année 2019 est à nouveau très chaude et sèche, la situation d'infestation accrue devrait rester critique. Même en l'absence de nouveaux événements extrêmes tels que tempêtes ou sécheresses, il reste assez d’épicéas affaiblis et attractifs de l'année précédente dans les peuplements forestiers.

 

On retrouve le chalcographe et le micrographe - deux espèces de scolytes largement répandues dans les forêts de résineux d’Europe centrale et d’Europe du Nord.  :

  • Le chalcographe privilégie les basses altitudes où sa présence est très dominante jusqu’à 1300 mètres environ. Il aime alors aussi coloniser le pin Weymouth et occasionnellement le pin sylvestre et le mélèze.
  • Dans les régions de montagne, le micrographe remplace le chalcographe dans de nombreux endroits. Il infeste non seulement l’épicéa, mais aussi le mélèze, le pin de montagne et l’arole.

* https://fr.wikipedia.org/wiki/Scolytinae

Galeries du curvidenté:     a) classique          b) deuxième génération   c) générations soeurs.

 

PIN SYLVESTRE

(Pinus sylvestris)

 

Le dépérissement des pousses du pin (Sphaeropsis sapinea), la maladie des taches brunes (Lecanosticta acicola) ou la maladie des bandes rouges (Dothistroma septosporum et Dothistroma pini) provoquent des dommages importants causées par des organismes de quarantaine dont le signalement est obligatoire. Elles touchent presque toutes les espèces de pins présentes dans le nord et le centre de la Suisse

Le CHÂTAIGNER

Le chancre de l’écorce du châtaignier est une dangereuse maladie corticale du châtaignier, causée par le champignon Cryphonectria parasitica.

 

Introduite dans le monde entier, la maladie a quasiment fait disparaître le châtaignier d’Amérique des États-Unis. Aujourd’hui, elle affecte presque toutes les châtaigneraies d’Europe.

 

Au début du XXe siècle, le champignon fut introduit aux États-Unis avec du matériel végétal en provenance d’Asie. Il y déclencha une épidémie dramatique et, en l’espace de trente ans, détruisit la quasi-totalité des vastes châtaigneraies situées à l’est des États-Unis. En 1938, cette dangereuse maladie fut aussi constatée en Europe, dans l’arrière-pays de Gênes (en Italie). Par la suite, elle se propagea rapidement en Italie et dans les pays limitrophes. En Suisse, le chancre de l’écorce du châtaignier fut détecté pour la première fois en 1948 au Monte Ceneri (au Tessin).

 

Cryphonectria parasitica attaque l’écorce du châtaignier L’écorce infectée rougit, s’enfonce et finit par se fissurer.

 

L’arbre réagit alors en essayant de cicatriser les tissus détériorés. C’est ainsi qu’apparaissent les chancres de l’écorce.

 

Dès qu’un chancre de l’écorce a entouré complètement une branche ou un tronc, la plante dépérit au-dessus de la partie malade.

Nos arbres se meurent ... Pour laisser place à d'autres essences ... plus exotiques.

 

Même si cela donne inévitablement un ton alarmiste, on peut également relever toute la valeur de nos forêts d'autant plus précieuse & sacrée, et ainsi comprendre toute l'importance d'en prendre grand soin et de transmettre à nos enfants les beautés et la magie qu'elles peuvent (encore) nous dévoiler !! 

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