L’argiope fasciée ou l’épeire frelon

Publié le par Les Ateliers Unis-Vert

 

Une araignée qu'il faut avoir vue dans sa vie

L’argiope fasciée vit sur sa toile accrochée la tête en bas. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, elle est là, au centre de son napperon de soie.

Cannibale et venimeuse, elle finit souvent par dévorer son conjoint (2 fois plus petit) pendant ou après l’accouplement.

C'est une espèce qui apprécie les milieux ouverts et ensoleillés. Elle était autrefois particulièrement présente au sud de l'Europe (essentiellement au sud de la Loire en France mais également dans le Morbihan) et considérée comme rare au nord de cette ligne.

Elle fait sa toile dans les hautes herbes et les champs en friche ou dans les vallées chaudes et humides. On la rencontre également à la limite des bois.

Aveugle et sourde. Elle peut manger jusqu’à 3 sauterelles par jour !

 

Ne pas se fier aux apparences

Malgré les bandes noires, blanches et jaunes qui ornent son abdomen, cette grande araignée déguisée en frelon passe souvent inaperçue dans le désordre de tiges, de feuilles et de fleurs. Elle attend que la chaleur dégourdisse les insectes et qu’un imprudent tombe dans son piège collant.

Les couleurs vives et contrastées des guêpes ou des frelons mettent en garde les oiseaux et autres prédateurs : attention, toxique ! Est-ce également le cas de l’argiope ? Peut-être… Mais une étude récente suggère que les bandes colorées sur son abdomen ont un effet inverse sur les insectes : la coloration fonctionnerait comme un piège visuel irrésistible. Papillons, abeilles et compagnie sont en effet attirés de manière innée par des couleurs vives et contrastées. Pour vérifier cette hypothèse, des scientifiques ont noirci l’abdomen de certains spécimens… Résultat, les individus maquillés attirent moins de proies.

Tissage géométrique (orbiculaire, forme proche du cercle)

Un épais zigzag blanc brodé en son centre qui ressemble comme à une signature. Cette décoration est considérée comme la marque de fabrique exclusive des argiopes.

Aujourd’hui encore, la vraie fonction du zigzag sur les toiles d’argiope fait débat. Plusieurs arachnologues le considèrent comme un signal visuel. Selon les uns, il attire les proies. Pour d’autres, il contribue au camouflage du filet de capture. La soie constituant le stabilimentum est du même type que celle utilisée pour enrober les proies. Il est aussi possible que le mystérieux motif résulte simplement d’un surplus de soie à l’heure de l’emballage. D’ailleurs, ces décorations sont d’autant plus développées que les proies sont petites.

Une fois sa proie prise, pour éviter de se coincer dans sa propre toile, la funambule prend soin de ne poser les pattes que sur des fils non collants pour aller la mordre et la momifier. 

Cette toile comporte de 19 à 41 rayons (généralement 30) dont l'élaboration prend environ une heure à l'aube ou au crépuscule.

Confiance en soie

La soie des araignées est un matériau flexible et ultrarésistant. D’après La Hulotte , le fil employé par l’argiope pour tendre le cadre de sa toile serait deux fois plus résistant et quatre fois plus élastique qu’un câble d’acier de taille comparable. Avant de se rompre sous son propre poids, il devrait mesurer environ 75 km de long. Composée de protéines, la soie est synthétisée par plusieurs glandes localisées dans l’abdomen. D’abord liquide, elle se solidifie en sortant des filières. Chaque araignée en produit plusieurs types différents : fil de construction, fil collant muni de gouttelettes de glu, fil pour emballer les proies ou encore pour tisser le cocon des œufs (2-3 petits ballons brunâtres, comme le vieux papier, accrochés à la végétation, et dont chacun contient plusieurs centaines d'oeufs).

 

 

Sources : la Salamandre & Wikipedia

Publié dans La Nature